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Réagir face à une vache gonflée

Le gonflement du ventre d’un bovin est le signe d’une dilatation d’un - ou plusieurs- viscères abdominaux. Selon la rapidité d’installation des symptômes, il peut évoluer sur un mode aigu à chronique. L’éleveur doit pouvoir apprécier le degré de l’urgence médicale et/ou chirurgicale, mettre en place les mesures conservatoires en attendant l’arrivée du vétérinaire et les moyens de prévention adaptés à la cause de l’affection.


Quelles sont les causes d’affections aigues ?

 

En cas d’affection aigue, le bovin gonfle brutalement ; sans traitement, l’issue sera fatale en quelques heures.
Si les occlusions intestinales et parfois les dilatation/déplacement/torsion de caillette entrent dans cette catégorie, la « météorisation » représente la cause la plus fréquente des gonflements des bovins : il s’agit d’une dilatation du rumen due à l’accumulation de gaz produits par les micro-organismes, essentiellement du gaz carbonique et du méthane - 1000L/jour pour un adulte !- normalement éliminés par un réflexe d’éructation (rot).
Le rumen comprime le diaphragme en entrainant des difficultés respiratoires puis l’asphyxie et, à court terme, la mort de l’animal. Le flanc gauche d’abord, puis le droit, ne sont plus creux mais anormalement bombés. L’animal est inquiet, bave, présente des coliques. L’urgence est réelle !

On distingue trois types de météorisations aigues (d’apparition brutale) : la météorisation gazeuse, la météorisation spumeuse et l’acidose aigüe du rumen. Cette dernière survient suite à l’ingestion d’une grande quantité de glucides fermentescibles. Entraînant généralement une atteinte grave de l’état général (dépression, déshydratation, choc), elle s’accompagne souvent d’une météorisation plus modérée et nécessite l’intervention immédiate du vétérinaire.
Dans les deux autres cas, les premiers gestes peuvent être réalisés par l’éleveur.

Comment se produit la météorisation gazeuse et comment réagir ?

La météorisation est dite gazeuse quand les gaz produits en quantité normale ne peuvent s’échapper de la panse, souvent parce que l’œsophage est obstrué, totalement ou partiellement, par un corps étranger (pomme, pomme de terre, betterave, racine d’endive…).
Le passage en douceur d’une sonde œsophagienne, si possible après l’injection d’un anti spasmodique prévu dans votre protocole de soins, permettra de libérer ces gaz ou de pousser le corps étranger. En cas d’échec, il faudra poser un trocard dans le flanc gauche de l’animal, en prenant soin de le dégonfler lentement et en éloignant les fumeurs !
Attention, si l’œsophage est obstrué, forcer l’animal à avaler un liquide l’expose à une fausse déglutition (passage du liquide dans la trachée vers les poumons) qui assombrira le pronostic. Le poivre dans les naseaux pour faire éternuer l’animal et espérer le déblocage du corps étranger est également inutile.

Comment réagir en cas de météorisation spumeuse ?

La météorisation est spumeuse quand les gaz issus des fermentations ruminales sont emprisonnés sous forme de bulles dans une mousse d’aliments en digestion. L’accident survient au pâturage quand l’animal consomme des végétaux ayant des propriétés moussantes comme le trèfle blanc, la luzerne, les jeunes graminées ou alors à l’étable avec une ration riche en concentrés et pauvre en fibres telle celle des jeunes bovins à l’engraissement ou des vaches laitières hautes productrices.
L’usage seul de la sonde, vite bouchée par la mousse, ne parviendra pas à évacuer les gaz. Il est conseillé d’administrer par voie orale un médicament détruisant la mousse ou à défaut de l’huile.

Existe-t-il des cas de météorisation chroniques ?

Oui. On parle d’affections chroniques quand les symptômes évoluent sur plusieurs jours ou semaines :
•    La consommation d’aliments de mauvaise qualité, un abreuvement insuffisant, l’excès modéré de concentrés et l’absence de transition alimentaire sont autant de causes possibles de perturbation de l’appétit et de la rumination, avec un bovin ballonné du côté gauche.
•    Une lésion du nerf vague, perturbant le réflexe d’éructation, certaines maladies générales entrainant un arrêt de fonctionnement du rumen (tétanos, fièvre de lait), une position couchée sur le côté prolongée (décubitus latéral), peuvent aussi être à l’origine de météorisations gazeuses plutôt chroniques.
•    Enfin, une inflammation du placenta peut distendre l’utérus, par l’accumulation d’une très grande quantité de liquide autour du fœtus (jusqu’à 200L au lieu de 15 normalement) ,et augmenter exagérément le volume abdominal d’une vache dans le dernier tiers de gestation, sans rapport avec une météorisation.

Quelles informations donner au vétérinaire au moment de l’appeler ?

 
•    préciser le type de bovin : vache laitière ou allaitante, gestante et à quel stade ou non (date de vêlage), veau laitier ou broutard dont on donnera l’âge, taurillon à l’engraissement… et le nombre d’animaux présentant les mêmes symptômes.
•    Le comportement du bovin gonflé est primordial : l’animal est-il couché ? A-t-il des difficultés pour respirer ? Semble-t-il souffrir ? Est-ce qu’il bave ? A-t-il des coliques, l’air inquiet, des muqueuses pâles ou bleues ? Est-il agité ou prostré ? Fait-il des bouses ?
•    Depuis quand est-il gonflé ?
•    Quels ont été les traitements déjà entrepris (sondage, trocardage, produits injectés ou administrés) ?
•    Et surtout, attachez-le avant son arrivée !