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Le panaris interdigité chez les bovins

Avant tout traitement, levez le pied, prenez la température et consultez votre protocole de soins.

 

Qu’appelle-t-on exactement « panaris » ?

 

Dans toutes les espèces, le mot « panaris » désigne une inflammation aigüe des tissus mous des doigts, survenant à la suite d’une blessure.

 

Chez les bovins, il commence par une lésion accidentelle de la peau située entre les onglons, région souvent humide, exposée aux souillures des litières et aux traumatismes : une coupure, plaie ou piqûre constituent la voie d’entrée à des germes pathogènes naturellement présents dans l’environnement. Ils pénètrent dans les tissus du pied et s’y multiplient. Seul ou associé à d’autres bactéries, Fusobacterium necrophorum, le « bacille de la nécrose », est impliqué dans plus de 90% des cas de panaris.

 

 

Quelle est l’importance de cette maladie en élevage ?

 

Les panaris représentent 15 à 25% des causes de boiteries des bovins. Ils se manifestent à tout âge mais fréquemment dans le mois suivant le vêlage. Trois fois sur 4, ils affectent un pied postérieur.

 

Leur incidence économique est importante. Elle comprend le coût du traitement mais surtout  l’impact sur la production laitière ou la baisse de croissance ainsi que le coût des réformes non souhaitées. Les performances de la reproduction sont également affectées comme lors de tout processus inflammatoire et à cause d’une plus grande difficulté à repérer les chaleurs sur une vache boitant sévèrement.

 

 

Comment se manifeste un panaris ?

 

Au premier stade, passant souvent inaperçu, on observe des signes d’inflammation de l’espace interdigital et de la couronne (région située juste au-dessus des onglons) : la zone est rouge et chaude ; elle présente un gonflement symétrique avec douleur au toucher.

 

Très rapidement, soit en 24 h environ, la douleur s’accentue et provoque une boiterie soudaine, franche, avec suppression d’appui. Habituellement, un seul pied est atteint. L’état général du bovin est affecté : il a de la fièvre (39,5 à 40°C), il perd l’appétit, il maigrit et sa production laitière chute.

 

La nécrose avec production de pus succède à l’inflammation et s’accompagne d’une odeur nauséabonde assez caractéristique : le panaris devient un « phlegmon ».

 

L’abcès peut se percer, la lésion cicatriser et laisser place à une excroissance de chair entre les onglons, nommée communément « limace ». Sans traitement rapide, il peut s’étendre aux ligaments, articulations et os du pied.

 

 

Quand et comment traiter ?

 

Le traitement fait appel à l’antibiothérapie par voie générale, 3 à 5 jours. Les bactéries impliquées sont sensibles à presque tous les antibiotiques mais certaines spécialités comportent l’indication du traitement du panaris des bovins.

 

Avant de se précipiter sur un antibiotique critique sans temps d’attente pour le lait, l’éleveur doit vérifier son protocole de soins, estimer l’intérêt économique d’utiliser un médicament très onéreux par rapport à la quantité de lait produite par la vache malade et surtout s’assurer qu’il s’agit bien d’un panaris. Les autres affections du pied ne nécessitent pas d’antibiotiques ; un traitement mal adapté pourrait être sources d’apparition de résistances !

 

Il est donc quasiment indispensable de lever le pied de l’animal pour un examen rapproché, dans de bonnes conditions de sécurité pour l’homme et le bovin.

Il est alors nécessaire de constater un gonflement symétrique du pied et surtout de prendre la température de la vache pour s’assurer de l’hyperthermie avant de conclure à un panaris.

 

En raison de la douleur intense, un anti inflammatoire est parfaitement indiqué. La boiterie doit avoir disparu dans les 3 jours après traitement.

 

Peut-on prévenir l’apparition de panaris ?

 

La prévention des panaris passe par la maitrise de l’hygiène et de la qualité de l’habitat : les surfaces rugueuses, la présence de cailloux, barbelés ou même la boue séchée peuvent léser la peau du pied. Les endroits  humides sur les parcours et autour des zones d’abreuvement et d’alimentation doivent être évités. La stabulation doit être régulièrement curée et abondamment paillée. Des tapis peuvent être disposés le long des abreuvoirs et des auges. Une fréquence élevée de panaris peut aussi être associée à des carences en zinc ou vitamine A.

 

Au début des années 90, une forme de panaris  très sévère, rapide et ne rétrocédant pas aux antibiotiques usuels a été décrite dans certains élevages intensifs des USA. D’où l’importance d’une prévention efficace !