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L'acidose chronique des bovins

Papilles ruminales

A quoi doit-on l’acidose ruminale chronique ?

Le rumen est un sac de 150 litres dans lequel des milliards de bactéries et protozoaires se multiplient et dégradent les aliments ingérés par la vache. La dégradation des sucres des parois végétales produit des acides gras volatils (AGV). Ces derniers sont absorbés au niveau des papilles de la surface du rumen et utilisés comme source d’énergie par la vache.


En conditions normales, lors de la rumination, les aliments sont remastiqués et imprégnés de salive, qui contient naturellement des substances tampon qui neutralisent les acides produits par l’activité microbienne. Le pH du rumen est donc juste légèrement acide (entre 6,8 et 6).


Les rations très énergétiques présentent des risques

L’acidose est la conséquence d’un régime riche en concentrés, très vite dégradés et proportionnellement trop pauvres en fibres, qui ne stimule donc pas assez la rumination et la salivation, ce qui ne permet pas l’équilibre correct du pH du rumen.

Les rations très énergétiques des animaux à l’engraissement ou des vaches laitières hautes productrices sont acidogènes. Celles des primipares et des veaux au sevrage présentent des risques.


 Comment diagnostiquer l’acidose chronique ?

L’appétit diminué ou irrégulier est un signe d’alerte.

Le rumen se contracte moins bien ; les gaz de fermentation stagnent et l’animal peut météoriser.

Les bouses sont plus molles, décolorées, elles contiennent des grains non digérés et des bulles de gaz.

L’acidose pourrait favoriser les déplacements de caillette.

La production laitière et le taux butyreux du lait baissent, le rapport TB/TP devient inférieur à 1,2 ou 1.

 

Après quelques mois, l’état général peut s’altérer, la vache maigrit, son poil est piqué. Des toxines libérées dans le rumen vers la circulation sanguine, peuvent provoquer une inflammation et une modification de la corne du sabot (fourbure).

 

Il est possible de prélever du jus de rumen afin de mesurer son pH sur une dizaine de vaches du troupeau, soit en ponctionnant le rumen à travers le flanc gauche ou, moins risqué, en utilisant une pompe montée sur une sonde œsophagienne.

Il existe maintenant des bolus intraruminaux équipés de pH-mètre mesurant en continu le pH ruminal et qui transmettent l’information à un ordinateur extérieur ; malheureusement ils sont onéreux et les mesures ne sont plus fiables après 1 mois !

 

Les facteurs de risques d’acidose peuvent aussi être mis en évidence en évaluant la fibrosité et l’accessibilité de la ration, la fréquence de distribution des concentrés, en observant la rumination et le confort des vaches.

 

Comment prévenir l’acidose ruminale chronique ?

La ration doit être équilibrée au mieux.

Les vaches doivent disposer de foin ou de paille de bonne qualité et accessibles en permanence. Parfois, ils sont incorporés dans la ration pour garantir la consommation de fibres.

L’ensilage ne doit pas être haché trop finement pour stimuler la rumination et donc la salivation.

La distribution des concentrés sera fractionnée et l’apport de glucides rapidement fermentescibles, comme les céréales ou les pulpes, limité.

 

 

 


La supplémentation en bicarbonate est parfois utile

Lors d’un passage à une ration plus énergétique (tarissement vers lactation) mais aussi lors d’un changement de nature du concentré ou à l’ouverture d’un silo de maïs, il y a risque d’acidose. Il est impératif d’effectuer une transition alimentaire progressive d’au moins 3 semaines, ce qui n’est pas toujours facile à réaliser en pratique, pour permettre une adaptation de la flore microbienne et de la taille des papilles du rumen.

Enfin, des substances tampons, comme le bicarbonate de sodium, à raison de 200 g/jour /vache peuvent être ajoutées à la ration.


Attention à l’acidose aigüe !

Au contraire de l’acidose ruminale chronique, l’acidose aigüe du rumen est un motif d’appel de l’éleveur à la clinique vétérinaire.

Typiquement, elle fait suite à consommation accidentelle d’une grande quantité de grains ou de glucides fermentescibles par un animal échappé.

Les symptômes sont ceux d’une intoxication : le bovin est très abattu, déshydraté, il ne parvient pas à rester debout, ne rumine plus, souffre de coliques et de diarrhée.

Il s’agit d’une véritable urgence, rare mais grave et mortelle sans intervention rapide d’un vétérinaire.